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Le Parlement flamand adopte l’interdiction
de l’élevage des animaux à fourrure


Michel Vandenbosch : « Vingt-cinq ans d’actions et de campagnes contre la souffrance des visons et des canards enfin récompensés »

Bruxelles, le 13 mars 2019 – « C’est un beau jour pour les centaines de milliers de visons qui souffrent et sont gazés chaque année en Flandre pour leur fourrure. La Flandre met également un terme à la production cruelle de foie gras. »
L’organisation de défense des droits des animaux GAIA félicite le Parlement flamand, qui a approuvé aujourd'hui l’interdiction des élevages d’animaux à fourrure et du gavage forcé pour la production du foie gras.
Les députés flamands ont voté à l’unanimité la décision que le gouvernement flamand avait adoptée sur proposition du ministre flamand du Bien-être animal, Ben Weyts (N-VA). Michel Vandenbosch, président de GAIA, qui fut l’un des fondateurs du Comité Anti-Fourrure il y a 30 ans, la toute première association contre la fourrure en Belgique, voit récompensé plus d’un quart de siècle d’actions et de campagnes contre la souffrance et la maltraitance de centaines de milliers de visons et de canards.

Michel Vandenbosch : « Avec l’interdiction votée aujourd'hui en Flandre, tout le pays sera débarrassé de l’élevage d’animaux à fourrure au plus tard en 2023. »

Le 1er décembre 2023, au plus tard, la dernière des 17 fermes à fourrure restantes et la seule entreprise en Flandre qui nourrit encore de force des canards pour la production de foie gras doivent avoir disparu.
Le gouvernement flamand accorde une compensation dégressive pour ces exploitations.
Au plus tôt ils s’arrêtent, au plus la compensation sera élevée.
Le gouvernement flamand met à disposition un montant total de 10 millions d’euros à cet effet.

Aucun soutien pour la fourrure

Auparavant, la Wallonie (2015) et Bruxelles (2017) avaient déjà interdit les élevages de visons sur leur territoire.
À présent, il reste encore 17 élevages de visons actifs en Flandre où environ 200.000 visons (mères et jeunes) sont élevés chaque année. Les animaux vivent 7 à 8 mois dans une petite cage avant d’être gazés et de finir dans des boutiques comme vêtements ou accessoires. Ce sont des animaux sauvages qui, en captivité, développent un comportement névrotique lourd (sauts constants, automutilation, ....). « La raison a fini par l’emporter.
L’élevage et la mise à mort d’animaux uniquement pour leur fourrure sont vraiment dépassés, souligne Michel Vandenbosch, président de GAIA. La grande majorité des Flamands estiment que ce n’est plus acceptable. »

En effet, les sondages ont montré à maintes reprises que la production de fourrure ne bénéficie d’aucun soutien du public.
La dernière enquête en date, réalisée par Ipsos en 2015 pour le compte de GAIA, montre que 85 % des Flamands sont d’accord avec l’interdiction d’élever et de tuer des animaux à fourrure.

Jean-Claude Van Damme et Pamela Anderson

Au fil des années, GAIA a progressivement intensifié sa lutte contre les élevages de visons en Flandre, et ce, à travers de nombreuses campagnes.
En 2011, l’organisation de défense des droits des animaux s’est associée à Jean-Claude Van Damme.
Ensemble, ils ont lancé la campagne « Les victimes ».
Fin décembre 2017, Pamela Anderson en personne écrivait une lettre au ministre flamand Ben Weyts l’exhortant à œuvrer pour une interdiction.

À ce jour, 11 autres pays européens interdisent les usines à fourrure : le Royaume-Uni, l’Autriche, les Pays-Bas, la Norvège, la Croatie, la Slovénie, la Bosnie-Herzégovine, la Serbie, la Macédoine, la République tchèque et le Luxembourg.
De grandes marques de mode comme Gucci, Armani, Hugo Boss... interdisent également la fourrure dans leurs collections.
Cette liste s’allonge de plus en plus. « La mode et l’éthique vont de plus en plus de pair. Nous sommes heureux que la Flandre contribue également à un monde sans fourrure », déclare Michel Vandenbosch.

Interdiction du gavage forcé

Avec l’interdiction du gavage forcé, c’est une autre forme de cruauté envers les animaux qui prendra fin en Flandre.
Jusqu’à présent, le gavage restait pratiqué dans une seule entreprise de Flandre occidentale.
En 2017, une interdiction du gavage forcé pour la production de foie gras est entrée en vigueur en Région bruxelloise.
Le rejet de cette pratique s’accroît également en Europe : le gavage forcé est formellement interdit dans 12 États membres de l’Union européenne, où la loi protégeant le bien-être animal est interprétée de telle manière qu’elle condamne de facto cette pratique.
Seuls 5 pays de l’UE produisent du foie gras (la France, l’Espagne, la Bulgarie, la Hongrie et la Belgique).
« Nous continuons à œuvrer pour une interdiction en Wallonie, où 9 autres producteurs de foie gras utilisent la méthode cruelle du gavage », explique Michel Vandenbosch.