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Musee de la photo de Charleroi


PAYS DE PAPIER

LE MUSÉE DE LA PHOTOGRAPHIE EXPOSITIONS DU 25.5 AU 22.9.2019

Une exposition du Mucem, d’après un projet original de Frédérique Deschamps, commissaires : Frédérique Deschamps et Marie-Charlotte Calafat.

ROMAN-PHOTO

Le roman-photo a mauvaise presse.
Niaiserie, sentimentalité, frivolité, ou en.core ingénuité sont quelques appréciations pour le juger.
À ce jour, il n’a que rarement retenu l’attention des historiens de l’image, et moins encore celle des musées et des centres d’art.
Grave erreur !
Car le roman-photo a pourtant bien des choses à nous dire…

amourNé en 1947 en Italie, le roman-photo a constitué le plus gros succès éditorial de l’après-guerre, et restera pendant plus de vingt ans un best-seller de la littérature populaire en Méditerranée et en Amérique du Sud.
Les lecteurs – en majorité des lectrices – se comptaient par millions ; les revues dans lesquelles ils étaient publiés passaient de main en main et c’est ainsi que dans les années soixante, on estime qu’un Français sur trois lisait des romans-photos.
Reconstituer ces petites mythologies sentimentales permet ainsi d’offrir une re.lecture originale de l’avènement de la société de consommation et de l’évolution des mœurs, tout autant qu’un regard décalé sur l’émancipation et la libération de la femme dans l’Europe méditerranéenne de la seconde moitié du XXe siècle.
C’est tout l’enjeu de l’exposition Roman-Photo, qui réunit près de 200 objets, films, photographies et documents, ainsi que quelques-unes des plus belles réalisations de cet artisanat devenu en quelques années une industrie culturelle de masse, dont certaines productions élaborées par des réalisateurs proches du néo-réalisme italien s’avèrent d’une qualité exceptionnelle.
Produite et y présentée par le Mucem de décembre 2017 à avril 2018, cette exposition événement est reprise par le Musée de la Photographie et augmentée d’une section réunissant des réalisations belges, romans-photos populaires ou gestes artistiques.

6. Planche de la maquette originale du roman-photo Un Amour impossible, France, années 1960. Collection particulière.

© DR - Cliché : Josselin Rocher

LES LIVRES DE VOYAGE

Les photographes ont la bougeotte et, de leurs voyages, ont toujours rapporté quantité d’images.
Publiées dans des livres ou des magazines, ces photographies ont permis à de nombreux lecteurs de découvrir des lieux qu’ils n’avaient jamais visités.
Elles ont rendu vivants les pays, les régions ou les villes dont ces publications entendaient faire le portrait en présentant leur géographie, leur histoire et leurs populations.
Ces ouvrages et articles de périodiques illustrés constituent un genre méconnu, le « portrait de pays ».
Son âge d’or s’étend de l’entre-deux-guerres à la fin des Trente Glorieuses, et correspond à l’essor du tourisme de masse.
Relevant d’une production largement stéréotypée et fréquemment instrumentalisée sur le plan idéologique, ces pays et ces villes de papier n’en comptent pas moins plusieurs pépites.
Si ces publications sont le fait de contributeurs parfois un peu oubliés, nombreux sont les photographes de renom et les écrivains célèbres qui ont participé à ce boom éditorial à la faveur duquel se sont illustrées de nombreuses maisons d’édition, au premier rang desquelles La Guilde du Livre, le Seuil ou encore Arthaud.
Dans la vaste bibliothèque du voyageur, ces livres de photographies présentent les visages de contrées lointaines (Chine, Japon, États-Unis, Liban, Algérie), de lieux de villégiatures plus proches (Provence, Grèce, Venise, Paris) ou d’espaces parfois situés à deux pas de chez soi (Belgique).
Ce continent éditorial à redécouvrir permet au lecteur, aujourd’hui encore, de profiter des joies du voyage sans se lever de son fauteuil.

Commissaires :
David Martens (KU Leuven, MDRN & RIMELL) et Anne Reverseau (FNRS / UCLouvain) vu

Montage de 3 couvertures de VU :

  • VU, n°220, La France pays de la mesure, 1er juin 1932
  • VU, n°431, Tourisme, plaisir pour tous..., 17 juin 1936
  • VU, n°367, Belgique notre amie, 27 mars 1935

SPLENDIDE ISOLEMENT
COLLECTION BRUNO VERMEERSCH

Voici cinquante ans, le 21 juillet 1969, la mission Apollo 11 avec à son bord Neil Armstrong, Michael Collins et Buzz Aldrin (né Edwin Eugene Aldrin) réussissait son alunissage.
Devant des millions de spectateurs par le monde, accrochés à leur téléviseur, l’homme marchait pour la première fois sur la lune et les Américains prouvaient en pleine guerre froide leur supériorité sur l’Union soviétique.
Nombreux sont celles et ceux qui ont encore en mémoire les images de cet instant vécu pour la plupart en direct.
Pour les autres la photographie s’y est substituée autant que le film.
Près de 1400 photographies aux cadrages souvent imparfaits ont été prises dans des conditions extrêmes en termes de luminosité et de contraste par un, voire deux hommes, les astronautes.
Bruno Vermeersch, collectionneur s’est d’abord intéressé à l’aventure spatiale, avant que de se pencher sur le matériau photographique même de cet événement unique, extraordinaire démultiplié et décliné en raison de sa prouesse technique, de son esthétique involontaire et de sa matérialité historique.
L’exposition Splendide isolement rassemble 85 tirages d’époque de la NASA, un document original de photographies brutes.
Elle offre l’opportunité de faire revivre cette mission mythique et de se confronter à la fois à l’infiniment grand ou à l’infiniment petit, que l’on soit historien, passionné de la photographie, amateur d’art ou scientifique.
Elle permet en outre à la photographie scientifique, trop souvent négligée, de trouver place dans un musée d’art.
Elle offre enfin une réflexion sur la matière photographique même, offrant autant de déclinaisons techniques d’un événement unique qui a marqué l’histoire de l’humanité.

Apollo 11: L’astronaute Edwin E. Aldrin, pilote de module lunaire de la première expédition d’atterrissage sur la lune, pose pour un photographe à côté du drapeau des Etats-Unis déployé pendant une activité extra-véhiculaire (EVA) sur la surface lunaire. © NASA

NOOR

C’est au cœur même des problématiques contemporaines que nous emmènent les images de NOOR. Le panel de leurs travaux est vaste et le musée a décidé de consacrer, pendant une année entière, sa Boîte Noire à l’agence. Chaque cycle d’exposition temporaire correspondra à une problématique soulevée par NOOR. La première session est consacrée à la fracture Nord-Sud et aux questions migratoires.
Qui est NOOR ?
Nous sommes un collectif indépendant d’auteur-e-s, de journalistes, de photographes, d’artistes et de cinéastes. Avec intégrité, passion et respect, nous documentons, enquêtons et témoignons de notre monde pour inspirer l’action.
Nous racontons des histoires qui ont un impact sur notre humanité.
Nous affirmons avec force le pouvoir de notre narration visuelle pour contribuer à une meilleure connaissance du monde, provoquer des changements sociaux et modifier notre compréhension du monde contemporain et de ses enjeux.
Nous pensons « que certaines choses ont simplement besoin d’être vues ».
La photographie est notre forme de résistance et notre révolte.
Notre combat est celui de l’engagement, de l’activisme par le medium visuel et photographique.
NOOR, signifie Lumière en arabe, a été créée en 2007 comme une entité commer.ciale et une fondation pour permettre à ses membres – actionnaires de prendre le contrôle de leur travail et de tirer parti de la force de cette communauté groupe dans un paysage médiatique en pleine mutation.
NOOR se compose de quatorze photographes : Nina Berman (États-Unis), Pep Bonet (Espagne), Andréa Bruce (États-Unis), Arko Datto (Inde), Alixandra Fazzi.na (Royaume-Uni), Tanya Habjouqa (Palestine), Yuri Kozyrev (Russie), Bénédicte Kurzen (France), Sebastian Liste (Espagne), Jon Lowenstein (États-Unis), Kadir van Lohuizen (Pays-Bas), Léonard Pongo (Belgique), Sanne De Wilde (Belgique) et Francesco Zizola (Italie).

PREMIÈRE SESSION


1. Syria via Whatsapp, de la série «Tomorrow, There will be Apricots» – Tanya Habjouqa – 3:25
Pour les réfugiés syriens de Jordanie, le fardeau de la violence est présent au quotidien, nom.breux se rappellent les souvenirs douloureux de ceux qu’ils ont perdus pendant la guerre.
L’attrait de l’Europe séduit des familles entières, mais le plus souvent en raison du risque élevé et du coût financier, ce sont généralement les pères et les frères qui font le premier voyage.
Les femmes, restées sur place, gardent leurs téléphones portables comme un talisman, sur lesquels sont enregistrés des messages d’amour, des messages d’espoir et des berceuses pour les enfants.
Le travail de Tanya Habjouqa explore ces intimités complexes de la vie quotidienne de ces femmes syriennes.

2. In the Same Boat – Francesco Zizola – 3:28
En 2015, le nombre croissant de migrants tentant de traverser la Méditerranée en direction de l’Europe a conduit à une crise sans précédent.
Alors que les gouvernements européens tentent de faire face à cet afflux massif, le nombre de morts en Méditerranée ne cesse de croître.

En mai 2015, Médecins Sans Frontières (M.S.F.), l’organisation internationale de secours médi.cal, a participé aux opérations de recherche et de sauvetage en Méditerranée en lançant trois navires à différents stades : le Phoenix (géré par le Migrant Offshore Aid Station), le Bourbon Argos et Dignity. Francesco Zizola était à bord du Bourbon Argos en août et septembre 2015, documentant le sauvetage de plus de 3000 migrants.

or3. Un filon en Or – Pep Bonet – 5:16
Chaque année, la Suisse importe des milliers de tonnes d’extrait d’or.
Ce qui devrait être de l’or importé du Togo, vient en fait des mines artisanales du Burkina Faso.
Son extraction est réalisée dans des conditions épouvantables par un travail forcé composé de 30% à 50% d’enfants.
La perspective de gagner un salaire hebdoma.daire et le manque d’espoir d’une carrière en dehors du secteur artisanal en attirent beaucoup dans les mines dès leur plus jeune âge.
Les femmes, souvent accompagnées de leurs enfants, et les filles n’ont pas le droit de descendre dans les souterrains, mais occupent d’autres fonctions sur le site, comme la recherche d’or.
Soutenus par un simple cordage, les mineurs descendent dans les puits instables et mal ventilés, jusqu’à 170 m de profondeur.
Ils sont souvent drogués pour réprimer la peur et la faim pendant leurs longues périodes de travail dans les puits claustrophobes. L’exploitation minière se poursuit pendant la saison des pluies malgré le risque élevé d’effondrement du puits.
Le travail souterrain est considéré comme une des « pires forme de travail des enfants » et est strictement interdit aux mineurs selon l’OIT et la loi burkinabaise.

Dans le cadre de leur partenariat, Le Soir et le Musée de la Photographie ont lancé la Galerie du Soir.


Parallèlement à chaque nouvelle grande exposition du Musée, la Galerie du Soir présente un jeune artiste à découvrir.
Un pari sur l´avenir décliné en quatre volets : un accrochage réduit mais significatif au Musée, un portfolio dans la revue Photographie Ouverte, une présentation du photographe dans les pages du Soir et une sélection de son travail sur le site www.lesoir.be.
Pour cette nouvelle édition de la Galerie du Soir, notre choix s´est porté sur Laure Winants.

Née à Spa, Laure Winants associe très tôt le plaisir de la photographie à celui des longues promenades dans les Hautes Fagnes.
Son père, photographe et peintre, l’emmène dans ses pérégrinations.
« On m’a mis un petit appareil analogique dans les mains pour la première fois lors de ma première communion.
Ou quelque chose de ce genre.
Ensuite, petite, j’accompagnais mon père dans toutes les expositions.
J’avais mon petit carnet de notes où j’écrivais des impressions, des noms.
Je demandais aux artistes de me faire un petit dessin. »
Déjà, la photographie la captive.
« J’ai suivi des cours du soir à l’académie à Spa, en photo, en dessin…
Après j’ai eu l’occasion de bouger un peu et l’appareil photo était toujours un bon compagnon. »
Au moment de se choisir un avenir, elle se tourne vers l’IHECS qui n’est pourtant pas une école de photographie mais où les études de communication comportent un important volet photographique.
« J’aimais bien la photo mais aussi la vidéo, le côté recherche d’informations.
Donc le côté pluridisciplinaire de l’Ihecs me convenait.
On y prête attention aux singularités de chacun.
On nous pousse à développer notre regard. »
Elle approfondit ainsi sa pratique photo en se confrontant notamment au reportage, au documentaire.
Pourtant, elle cherche encore autre chose.
« A la sortie de l’Ihecs, je me suis inscrite au Kask à Gand.
J’avais envie d’aller vers un doctorat et vers la recherche pour développer davantage ma pratique.
Il me semblait que j’avais encore besoin de la développer dans une structure.
Au Kask, il y avait notamment des gens comme Dirk Braeckman et d’autres que j’admire qui sont professeurs invités. »
Elle n’y reste qu’un an avant de se lancer dans son travail actuel.
Un étonnant croisement entre démarches artistique et scientifique.
« Je fréquente beaucoup les scientifiques.
Je suis assez fascinée par leur démarche, particulièrement ceux qui ont un petit côté professeur Tournesol.
Je me suis rendu compte que, comme les artistes, bon nombre d’entre eux partait d’une démarche intuitive. »
Son travail se développe alors autour de la nature, les volcans, les étoiles… « C’est toujours lié à la nature, à l’environnement, à l’engagement aussi.
Et puis au temps et à l’espace.
Je contacte des scientifiques et je les suis dans leurs déplacements.
Pour étudier les volcans, il faut se déplacer.
Et ça prend du temps.
C’est tout cela qui m’intéresse : la rencontre, l’image qui se construit avec le temps. »
Pour rendre cela au mieux, elle travaille essentiellement en argentique avant d’imprimer ses images en photogravure.
Une technique complexe que peu de jeunes photographes abordent aujourd’hui.
« C’est une recherche en cours.
Un travail sur le temps comme tout travail de recherche.
J’essaie de créer un dialogue entre le fond et la forme.
Il y a une recherche de la précision, l’envie d’explorer les tons de gris et de noirs qu’on retrouve dans la manière noire en gravure, la patience indispensable...
Il y a aussi toutes les irrégularités qui échappent à la démarche scientifique, le caractère imparfait, imprévisible des choses. »

De ce travail naissent des images magiques, entre documentaire et poésie pure, souvent en petit format.
« C’est un processus très long donc il vaut mieux essayer d’abord de le maîtriser sur des dimensions réduites.
Mais par ailleurs, j’aime beaucoup le caractère intimiste de ces petits formats. Il y a un côté précieux qui me plaît.
Et puis on doit se rapprocher, plisser les yeux, avoir une attention différente à l’image… »
Et, pour le spectateur aussi, prendre son temps…

Centre d’art contemporain de la Fédération Wallonie-Bruxelles
11, av. Paul Pastur (GPS : Place des Essarts)

B-6032 Charleroi (Mont-sur-Marchienne)

T +32 (0)71 43.58.10 / F +32 (0)71 36.46.45 / mpc.info@museephoto.be

Le musée est ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 18h.
Fermé les 25 décembre 2019 et 1er janvier 2020.

sataniklune