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Histoires Belge

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Janvier 1906

Léopold II dans le collimateur

 

S’il est un monarque brocardé à refus par la presse – tant satirique que politique - c’est bien Léopold II.
Un Roi qui, apparemment, sait ce qu’il veut et met toute son énergie pour l’obtenir.
Au grand dam de ses opposants – et ils sont nombreux ! – qui ne lésinent pas sur les moyens pour attaquer la personne du Souverain. Nous avons rassemblé quelques uns des dessins-charges parus au cours de la période 1895 – 1906 et s’en prenant à la politique du “grand homme”. Nous avons écarté volontairement ceux qui s’attaquent ouvertement – et souvent bassement – à sa vie privée, estimant qu’elle ne regardait que lui.
Assez bizarrement, les campagnes de presse contre Léopold II semblent faire leur apparition après la guerre de 1870.
Après cette conflagration, la personne du Roi est régulièrement mise en cause, spécialement pour les deux grands axes de sa politique : la défense nationale (avec son corollaire le service militaire personnel) et ses visées sur les territoires de l’Afrique Centrale.

 

La “pyramide à renverser”

Sur cette affiche apparue sur les murs à l’occasion des élections législatives, l’opposition de gauche ne vise qu’indirectement le Roi, sommet de la pyramide sociale : ce n’est pas lui, mais la monarchie elle-même qu’il faut abattre.
En même temps que tout ce qui la soutient, le capitalisme, l’armée et le clergé.
L’auteur de cette affiche, demeuré anonyme, reprend ici les thèmes favoris des anarchistes fin de siècle.

Des occupations “sérieuses”

On le sait, Léopold II adore Ostende (où se trouve la villa royale) et les bains de mer.
C’est l’occasion pour le dessinateur V. Lemaître du “Frondeur”, hebdomadaire satirique liégeois, de montrer le Souverain s’adonnant à des occupations “sérieuses”, une baignade en compagnie d’une “petite femme”.

Le “Général Cléo”

Dans son édition du 15 août 1900, l’hebdomadaire “La Finance Illustrée” accuse ouvertement le Roi d’agiotage au Katanga.
Il y est désigné sous l’appellation de “général Cléo”, surnom équivoque qui fait référence à une de ses maîtresses, la très parisienne demi-mondaine Cléo de Mérode.
Il est vrai qu’en ce moment, Léopold II connaît certaines difficultés de trésorerie…

“Trop grand pour mon poulailler !”

Le Souverain envisage de léguer le Congo à la Belgique, ce qui éveille bien des passions.
Il y a ceux qui sont pour… et ceux qui sont farouchement contre.
La situation intérieure de la Belgique a même ses répercussions à l’étranger. témoin ce dessin de Johann Braakensiek dans le “Weekblad voor Nederland” du 13 janvier 1895.
Le brave paysan belge refuse le cadeau royal, car il l’estime trop grand pour son poulailler.

Le Sacré Cœur… des Parisiennes

Dans le numéro des “Corbeaux” daté du 15 octobre 1905 – le Roi vient de poser la première pierre de la basilique de Koekelberg - notre vieille connaissance Ashaverus imagine une confrontation entre Sa Majesté Cupidon et Léopold II.
Au reproche que lui fait le dieu de l’Amour de faire souvent des incursions sur son territoire, le monarque répond : “Ce qui veut ça, c’est l’amour que j’ai pour le Sacré-Cœur… des Parisiennes !”

Une pilule de dimension royale

Toujours dans “Les Corbeaux”, Ashaverus se préoccupe du budget nécessaire pour la construction des forts d’Anvers, projet derrière lequel on retrouve le monarque.
Trois cent millions, ce n’est pas rien !
Léopold II et son ministre de la Défense nationale, le comte De Smet de Naeyer, tentent de faire avaler la pilule à la Belgique ligotée.

Le service militaire personnel

Dessin de couverture de “Les Corbeaux”, non signé mais fort probablement du à la plume d’Ashaverus.
On sait l’inébranlable volonté du Souverain d’en arriver au service militaire personnel pour tous les Belges.
Représenté en roi des animaux par le caricaturiste, Léopold II ne manque pas de majesté face à son ministre de la Défense, surnommé ici “comte Bosco de la Finance”.